Le budget a été réalisé par la Région en 2024 à hauteur de 4,4 milliards d’euros. Hors FEADER, il est caractérisé par une stabilité relative des dépenses et des recettes de fonctionnement, par une réduction de moitié des recettes d’investissement des fonds européens, et par une progression parallèle et marquée du remboursement du capital de la dette et des emprunts mobilisés.
La principale recette est le produit encaissé de TVA. Il est décorrélé de manière inexpliquée avec l’évolution du PIB + inflation, ce qui introduit un manque à gagner de l’ordre de 90 M€.
Une forte incertitude sur les recettes hors emprunt s’est accompagnée d’une stabilité globale des dépenses. Néanmoins, progressent des dépenses d’investissement dans l’aménagement des territoires et de fonctionnement dans les formations sanitaires et sociales, les services généraux ou les frais financiers. Sont réduites des dépenses d’investissement en faveur des transports, des lycées ou de l’action économique, et de fonctionnement dans les transports.
Le CESER relève une tension recettes/dépenses traduite par des taux élevés de mandatement, un excédent reporté très faible et un emprunt mobilisé à haut niveau mais préservant un endettement stable. Les ratios d’épargne, de dette et d’investissement demeurent excellents. Pour le CESER, ces ratios ne sont pas une fin en soi, tous les investissements n’étant pas d’avenir alors que nombre de dépenses de fonctionnement peuvent l’être. C’est l’évaluation des politiques qui doit permettre d’arbitrer les choix.
Le compte administratif 2025
Dans un contexte géopolitique particulièrement complexe, marqué par de fortes contraintes financières, la Région présente un compte administratif 2025 qui témoigne d’une gestion maîtrisée. Malgré la Loi des Finances 2025 complexifiant l’exercice de programmation financière, la Collectivité maintient un niveau de dépenses de fonctionnement stable et dégage un volume de dépenses d’investissement important. La présentation du CA fait apparaitre d’importants changements de périmètre qui nécessite des retraitements de données. La prise en charge directe de compétences, les modifications comptables et les transferts entre sections rendent la comparaison avec 2024 difficile. Ainsi retraité, le CA présente in fine une stabilité relative, voire une légère érosion. La dépendance aux ressources nationales et la perte partielle d’autonomie fiscale rendent les finances vulnérables. La gestion devenue plus opérationnelle au niveau des transports et les lycées, modifie son rôle. Le CESER salue la solidité financière de la Région, tout en appelant à la vigilance. Il insiste sur la nécessité de préserver un équilibre entre investissement, porteur d’avenir, et soutien au fonctionnement aux acteurs économiques, sociaux et environnementaux. Le CESER souligne la nécessité d’un dialogue entre l’État et les collectivités afin d’améliorer la prévisibilité financière.